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Voilà, cela fait maintenant quelques semaines que le diagnostic est tombé et que vous êtes en arrêt maladie pour burnout.

Vous avez rapidement mis en route un suivi avec un professionnel (votre médecin traitant, un psychologue ou un coach peut-être) pour vous aider à sortir de cette situation.

Fort heureusement les premiers bénéfices de cet arrêt et de son suivi portent leurs fruits et au bout de quelques semaines, vous commencez à vous sentir mieux, voire à envisager de reprendre une activité professionnelle.

Mais comment rebondir après un burnout ? Faut-il reprendre le travail ? Dans la même entreprise ? au même poste ? Ou bien faut-il radicalement changer de vie ?

 

Première étape : la traversée du burnout

 

Déjà il faut poser le décor si je peux dire ça comme ça ! Avant même d’envisager un retour à quoi que ce soit, un petit retour d’expérience est nécessaire.

Pourquoi ou comment en arrive-t-on au burnout ?

Souvent, et je dirai même en fait tout le temps, le burnout n’est que le point final d’un long processus qui a oeuvré en nous pendant pas mal de mois voir parfois quelques années.

Il faut savoir que ce processus se compose de 4 phases (je vous invite d’ailleurs à aller lire ce très bon article sur l’après burnout)

La phase de plaisir : c’est comme son nom l’indique la phase où tout va pour le mieux, on kiffe notre travail et c’est un réel plaisir de s’y rendre tous les matins.

La phase d’alarme : là on commence à se sentir moins bien dans son travail, à peut être avoir la boule au ventre et à développer des troubles du sommeil ou à avoir des maux de dos, de tête, des torticolis plus fréquemment.

La phase de résistance : ouh là, celle là, c’est la phase qui commence à faire vraiment mal car c’est à partir de là qu’on ressent la perte de confiance en soi, la démotivation totale, qu’on se sent nul et qu’on a l’impression de ne plus arriver à faire quoi que ce soit de correct. Et en plus de ça on est complètement crevé et même en se couchant de plus en plus tôt, le sommeil étant de plus en plus mauvais, on est tout simplement épuisé.

La phase finale : pas la peine de vous faire un dessin pour celle-là. Je pense que toutes les personnes qui ont fait un burnout par ici se souviennent encore très bien de ce jour où on y arrive plus, tout simplement. On s’est battu contre nous même pendant si longtemps, à ne pas écouter notre petite voix (je vous en ai déjà parlé de cette petite voix dans cet article

travail et burnout

Deuxième étape : prendre le temps

 

Avant même de vouloir rebondir de son burnout (ce qui est une très bonne chose, hein!), il faut prendre le temps de se poser et surtout de se reposer.

Ce temps d’arrêt est plus que nécessaire pour reprendre vos propres bases et ré-apprendre à vous connaître, parce que finalement lorsqu’on fait un burnout, c’est aussi surtout parce qu’on s’est totalement oublié parce qu’on avait enclenché le mode pilote automatique. Alors c’est sympa pendant un moment ce pilote automatique, mais il ne faut pas oublier de l’arrêter sinon au bout d’un moment, il déraille parce qu’il n’a pas reçu les mises à jour et PAF ! le burnout est là.

 

On ne se remet d’un burnout comme on se remet d’une grippe. Et la chose la plus difficile est de ne pas penser au boulot et aux tâches qui vont s’accumuler pendant notre absence. D’une manière générale, on évite de penser à tous les problèmes que notre absence va générer dans notre entreprise : les dossiers qu’on était le seul à connaître sur le bout des doigts, les rendez-vous qu’on avait calé dans notre agenda et la partie de notre boulot qui pourra être dispatchée à nos collègues qui en ont déjà assez à faire.

De toutes manières, on n’y peut rien et si on avait vu le burnout se pointer, on aurait fait en sorte de mettre les choses en ordre et surtout peut-être qu’on aurait pu faire ce qu’il faut pour l’éviter.

Donc, on arrête de se torturer et on prend le temps. Ça ne servirait à rien de vouloir retourner au bout de 3 semaines au boulot si c’est pour craquer à la fin de la première journée…

 

Troisième étape : faire un choix 

 

Après ces quelques semaines de repos et d’accompagnement avec un professionnel (je fais ma relou et j’insiste mais c’est HYPER important de se faire suivre et si vous ne savez pas par qui, je vous conseille de lire cet article)

Vous avez repris du poil de la bête et vous avez envie de reprendre le travail. Attention toutefois à ne pas reprendre uniquement pour des raisons financières. Je sais bien que c’est le nerf de la guerre mais repartir trop vite pour vous faire vos primes du mois pour replonger par la suite pour plus longtemps ne sera pas économiquement avantageux non plus…

Retour à la case départ ?

Selon vos relations avec votre chef ou votre service RH, il est hyper important d’avoir un bon dialogue et de bien préparer votre retour. Déjà, normalement, la médecine du travail sera une étape obligatoire et vous saurez si vous êtes apte à reprendre à temps plein ou pas. 

Si on en arrive au burnout, c’est qu’il y a eu quelque chose qui a dérapé à un moment et il est primordial de pouvoir l’identifier pour revoir l’organisation.

 

Autre point important : est-ce que vous vous sentez capable d’affronter le regard de vos collègues ? Certains comprendront ce que vous avez traversé (ou en tout cas essaieront de le comprendre en étant bienveillant avec vous) tandis que d’autres vous feront clairement comprendre qu’ils vous en veulent de les avoir plombés par votre absence et de les avoir abandonnés.

Personnellement, je n’en étais pas capable… 

travail en équipe

Ou un nouveau départ ?

Franchement, ce n’est vraiment pas simple comme question et je me la suis posée aussi mille fois.

Le problème que j’ai rencontré avec le burnout et je ne pense pas être la seule d’ailleurs, c’est cette perte totale de confiance en nos capacités et nos compétences professionnelles.

Je suis même allée jusqu’à faire un bilan de compétences pour faire le point sur ma carrière et  explorer de nouvelles pistes.

Malheureusement, même si sur le moment ça m’a semblé être une bonne idée de faire un point après plus de 10 ans de salariat et de me poser et mettre par écrit toute ma carrière, je n’y ai pas trouvé de solution miracle.

Car en parallèle de ce bilan , je continuais à regarder les offres d’emploi de mon secteur et j’en voyais des dizaines passer pour lesquelles j’avais et les compétences et l’expérience requise.

Pourtant, je n’ai jamais postulé… Pourquoi ? parce que dès que je lisais une annonce, mon côté “superwoman-je-suis-capable-de-relever-ce-défi” était dans les secondes qui suivait figé sur place par un “nan, mais attends, tu veux retourner droit dans le mur avec un poste qui va te bouffer en moins de 6 mois?”

Et pour les pistes de réflexion qui étaient ressorties du bilan de compétence, c’était la même chose ! Puisqu’en fait je m’étais encore une fois tournée vers des domaines avec des postes hyper challengeant et à responsabilité mais qui demandent un fort niveau d’investissement professionnel.

C’est exactement ce que je ne voulais plus…peut importe que ce soit dans une toute nouvelle voie ou dans une voie que je connais déjà, même dans une toute autre entreprise, je ne m’en sentais et je ne m’en sens toujours pas capable.

 la positive academy comment rebondir après un burnout

Dernière étape : se rendre à l’évidence

Le salariat est-il le problème ?

Ce que j’ai retiré de cette expérience de burnout, c’est que le salariat ne me convient pas. Alors oui, facile à dire comme ça, mais soyons honnête beaucoup d’entre-vous peuvent me dire la même chose je pense !

Après, il y a une différence entre ne pas aimer le salariat mais y rester pendant 40 ans parce que c’est rassurant de pouvoir toucher son salaire toutes les fins de mois et que finalement on râle, on râle… mais ça passe quand même.

Et ne pas être fait pour le salariat : c’est-à-dire que les codes imposés par des horaires, des procédures, un environnement plus ou moins strict n’est pas compatible avec notre personnalité.

Ce n’est pas pour autant que l’on ne sera pas quelqu’un de bosseur, bien au contraire ! 

C’est justement ce genre de personnalité qui se lancera plus facilement dans l’entrepreneuriat, parce que travailler dur et beaucoup ne fait pas peur, mais qu’en parallèle ce besoin de souplesse et de flexibilité est primordial pour l’équilibre de vie que l’on peut rechercher après un burnout.

J’ai la chance d’avoir dans mon cercle d’amis quelques entrepreneurs et tous sont unanimes : ils bossent plus que lorsqu’ils étaient salariés mais pour rien au monde ils ne se priveraient de cette liberté

Pouvoir concilier les aléas de la vie personnelle : l’enfant malade à récupérer en catastrophe à l’école, le chat à envoyer chez le véto en urgence parce qu’il s’est fait déchiqueter par le matou racaille du quartier (pauvre minette…cry) et son travail, c’est quand même un sacré confort. Et beaucoup moins de stress aussi parce qu’on peut très bien travailler jusqu’à 22-23h, une fois tout le monde soigné et couché, sans pour autant se mettre la rate au court-bouillon (je vous l’avais pas encore sortie celle-là ? pourtant c’est mon expression favorite!).

C’est juste qu’on a le droit d’avoir un rythme de travail complètement différent de la “normalité” 9h – 18h. Personnellement, je peux travailler énormément entre 8h30 et 13h-14h et ensuite reprendre entre 18h et 19h puis entre 20h et 23h. Finalement tout ça mis bout à bout, ça fait 8h30 par jour, donc 42h et plus par semaine. Et le weekend je bosse aussi quelques heures.

 

Une envie de liberté

 

Beaucoup de personnes qui ont fait un burnout décident souvent de reprendre cette liberté et de se lancer dans l’entrepreneuriat. Ça peut paraître pour une “solution de facilité” pour certains, une espèce de fuite pour ne pas affronter ses peurs et ses angoisses de retourner dans un boulot salarié. Mais après tout, qui a dit que c’était lâche de ne pas se confronter à cela ? Finalement, on n’a aucune obligation d’affronter quoi que ce soit et au contraire, c’est bien plus courageux de se lancer ou d’en avoir l’envie en tout cas ! 

You can !

Forcément, moi aussi c’est mon cas, mais c’est surtout cette envie de pouvoir apprendre encore et toujours plus (j’ai une fille HP, allez savoir si ça a un lien !wink), de pouvoir laisser libre cours à ma créativité qui me pousse dans cette voie.

Je ne dis pas que je ne retournerai pas un jour dans le salariat, mais le plus tard possible sera le mieux ! Ou alors si le fonctionnement du salariat “classique” évolue et les mentalités avec !

 

Bilan

 

Rebondir après un burnout est TOTALEMENT possible (oui, oui, j’insiste bien là dessus!).

Pour certains, cela sera un long et difficile chemin. Il faut être doté d’une capacité de résilience pour traverser ce genre de chamboulement. On ne ressortira pas de son burnout de la même façon qu’on y est entré, ça c’est certain!

Mais si on prend le temps de se faire accompagner de la bonne personne, pas juste celle qui, à peine vous avez ouvert la bouche, vous établit une ordonnance longue comme le bras d’anxiolytiques et d’antidépresseurs en tout genre, on s’en sort très bien.

C’est malheureux, je le constate moi même via les groupes sur les réseaux sociaux, beaucoup de personnes qui sont en burnout depuis de longs mois, qui se font licencier pour inaptitude et qui vivent des situations réellement compliquées. 

Pourtant, à la base, elles ont fait un burnout mais sont (peut-être) tombées sur des personnes peu informées sur le sujet et qui les ont collées sous antidépresseurs direct. Résultat, dépression. 

Parce que finalement le burnout fini par passer mais derrière c’est la dépression qui prend le relai car elles n’ont pas été suffisamment soutenues et n’ont plus autant d’énergie pour se centrer sur elles-mêmes et leurs envies.

Mes propos pourront peut être choquer certaines personnes qui se battent depuis longtemps mais je ne pense pas non plus que je serai là en train de vous parler aujourd’hui si moi aussi j’avais accepté les antidépresseurs qu’on voulait me prescrire !!!

 

Donc prenez du vrai temps de qualité pour vous, faites une introspection, faites vous réellement aider et n’hésitez pas à changer de professionnel si vous ne voyez pas d’amélioration ! J’ai moi même expérimenté l’accompagnement par une psychologue, tout en faisant en parallèle un bilan de compétences mené par une psychologue du travail, puis enfin par une coach en alignement professionnel !

Et posez-vous la bonne question : qu’est ce que vous voulez vraiment ? (et surtout pas : qu’est-ce que vous ne voulez plus ?). On se concentre que sur le positif pour s’auto-envoyer des bonnes vibrations !

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